Rallycross RX Team

Fauché en plein vol

Ce week-end se déroulait la troisième manche du championnat de France de Rallycross. Après Dreux et la manche française du championnat d'Europe de Rallycross, c'est en Gironde, sur le tracé de Faleyras, que les pilotes Pailler Compétition avaient mis le cap en fin de semaine dernière.

Quatrième du classement général SuperCars, Fabien Pailler retrouvait un tracé qu'il affectionne particulièrement. Mêlant à la fois parties rapides et techniques, la Peugeot 207 soutenue par Axel Fermetures et Intermarché Carburants Pro, adoptait rapidement les bons réflexes pour se mettre en évidence, signant la quatrième meilleure performance des essais chronométrés, permettant ainsi à Fabien d'accéder à la SuperPôle.

Dans un exercice qui, sur un tour lancé face au chronomètre, récompense les trois pilotes les plus rapides de chaque catégorie par l'attribution de points au classement général, avant le lancement de la première manche qualificative, Fabien Pailler enfonçait le clou en prenant la troisième place, récoltant ainsi une unité supplémentaire.

Avec une telle entrée en matière, inutile de préciser que c'est avec le moral au beau fixe que Fabien se présentait au départ de la première manche qualificative. Avec les Peugeot 207 et Citroën C4 de Samuel Peu et Christophe Wilt à ses côtés, le pilote « Axel Fermetures » prenait le meilleur envol et se présentait en bonne position à l'entrée de la première courbe :

« J'ai pu prendre un très bon départ, et je me suis retrouvé au coude à coude avec Samuel (Peu, ndlr) au premier virage. Je n'avais pas une confiance énorme avec la trajectoire extérieure de la première courbe, et j'ai préféré relâcher, de manière à le suivre tout en essayant de faire un bon chrono. Au final, on décroche le troisième temps et je ne peut-être que content de ma journée. Si c'était à refaire, je ferais exactement la même chose car j'avais beaucoup plus à perdre qu'à gagner en allant au contact. Si on s'était touché avec Samuel, on aurait perdu une ou deux secondes sur la manche, et on aurait directement dégringolé de trois ou quatre positions. Un week-end se joue sur des détails et il n'était pas envisageable de perdre du temps d'entrée de jeu. » soulignait Fabien avant de ré-attaquer la journée de dimanche sur un rythme similaire.

Sensiblement plus véloce que la concurrence sur les départs, la seconde manche qualificative se conclura par un parfait copié-collé de la veille. Cette fois, c'est Philippe Tollemer qui profitait de l'aubaine et de l'extrême vigilance de la Peugeot 207 aux couleurs d'Intermarché Carburants Pro pour prendre la tête. Installé dans les échappements de la Citroën C4, Fabien rééditait sa performance de la première manche en s'assurant à nouveau du troisième chrono.

De bon augure pour la suite, pensait-on, à ce moment-là. Virtuellement qualifié pour la première ligne de la finale A au moment de s'élancer pour l'ultime session de qualification du week-end, tout allait subitement s'emballer, alors que le pilote « Axel Fermetures » occupait la seconde place de sa série derrière Gaétan Sérazin .

« Je partais avec Philippe Tollemer et Gaétan Sérazin en troisième manche. J'ai pris un bon départ mais pas aussi bon que celui de Gaetan. Mais d'un autre côté, je savais aussi que rester derrière Gaétan, qui est très rapide, m'aurait quand même permis de faire un bon chrono et de sécuriser une place sur la première ligne de la finale A. » analyse Fabien tout en poursuivant :

« Ça roulait bien jusqu'au troisième tour, où j'ai entendu un gros bruit dans le moteur dans la descente du circuit. Je me suis arrêté. Une bielle était passée à travers le moteur. On a changé le moteur entre la troisième manche et la finale. Mon équipe a abattu un travail de fou en changeant le moteur en 1 h 40. Au moment de la remettre en route, ce fut impossible. On a changé tous les capteurs possibles et imaginables ainsi que le calculateur. Finalement, au moment de remplacer le dernier capteur, on a vu que c'était lui qui était à l'origine de notre problème. La voiture a réussi à redémarrer alors que les voitures des pilotes qualifiés pour la finale A, commençaient à prendre place sur la grille de départ. On est parti en catastrophe sans avoir même eu le temps de purger le liquide de refroidissement dans le moteur. Mais dès que j'ai enclenché la procédure pour faire chauffer les pneumatiques sur la pré-grille, on s'est aperçu que nous n'avions plus de pression de turbo. On ne sait pas exactement d'où vient ce dysfonctionnement, mais il s'agit probablement d'un capteur mal branché. Sans aucune puissance, j'ai dû me contenter de faire la finale avec un moteur atmosphérique d'une centaine de chevaux au lieu des 550 habituels. » explique Fabien, qui voyait ses chances de podium, et de victoire, s'annihiler totalement en concluant son meeting à une huitième place bien éloignée de son potentiel.

« On ressent une certaine frustration à tous les niveaux parce que l'équipe a fait un énorme boulot ce week-end. On était dans le coup tout au long de l'épreuve et il y a avait quelque chose à faire ici. Surtout en troisième manche où j'étais dans le rythme de Gaétan et qu'on pouvait viser la seconde place. On aurait réussi à partir depuis la position d'où Gaétan s'est élancé en finale A, donc il est clair qu'un sentiment de frustration prédomine un petit peu ce soir. On voulait gagner cette course, donc oui, on est déçu. Maintenant, il ne nous reste plus qu'à faire en sorte que ce soit cette course qui soit décomptée de notre total en fin de saison et pas une autre. Mais avec l'équipe qui est à mes côtés, je reste confiant pour la suite et on ne baissera certainement pas les bras. » conclut Fabien, qui récupère la cinquième place provisoire du championnat de France de Rallycross « SuperCars » et qui devrait recevoir une nouvelle évolution moteur et 40 chevaux supplémentaires lors de la prochaine manche de Châteauroux qui se tiendra au mois de juin.

Auteur : Nicolas DUBERNARD



Télécharger le communiqué…